Arrivée à 8h à l'Université d'été du MEDEF beau levé de soleil sur la campagne, il y a même un tracteur pile face au campus d'HEC.
Je prends mon badge, avec une seule idée en tête : trouver un café.
Que nenni ! il faudra attendre 9h finalement pour boire le breuvage recherché : les patrons ne sont pas des lève-tôt ?!
Ça m’aura laissé le temps de choisir (cf. chronique ici), finalement ce matin, ce sera la conférence « décroissance prospère ». Un oxymore décoiffant ?
Né de la Décroissance,
un mouvement altermondialiste et écologique grimpant, conjugué avec une
forme de sobriété heureuse, le tout pour s’opposer à une mondialisation
débridée.
Enthousiaste, je me dis que j’ai fais le bon choix, finalement la décroissance prospère serait le monde d’après avoir compris à quoi ne servent pas les économistes, la conférence que je rate donc à l’instant où j’écris ces lignes.
Dans l’amphi Blondeau d’HEC, je pensais trouver des réponses… Il est 10h10, après 45 minutes de conf, suis déjà très déprimée.
Saskia Sassen, seule femme à bord, rétorque que, « de toutes façon on est super nombreux sur la planète et que ça ne sert à rien de vouloir être moins nombreux. »
Yves Cochet, élu khmer vert me terrorise : « il faut supprimer les alloc au 3e enfant, nous sommes trop nombreux ».
Bernard van Craynest, syndicaliste à la CFE-CGC nous rappelle que « sans industrie forte, il n’y a pas de prospérité. »
German
Steligov, une sorte d’illuminé chrétien tendance intégriste, moujik du
troc et apotre du retour aux sources s’y oppose lui à la course à la
productivité. Il prône le retour à la campagne sans eau, ni électricité
et sans la décadence de la ferme célébrités. Il invite même les
Français à « venir s’installer dans des Isbas en Russie, il reste de la place.» Le Français y est très bienvenu, parce qu’à ses yeux plus « durablement » compatible que le Tadjik.
Tout un programme, inquiétant tout ça, tout de même.
Hughes Rialan, financier chez Robecco, nous prédit « qu’après la crise Internet, la crise immobilière, ce qui vient c’est la crise des dettes des gouvernements, les mêmes gouvernements qui s’endettent pour fabriquer des plans de relance. Si on veut préserver, partager la prospérité, ce chemin de la décroissance est inévitable, qu’on le veuille ou pas ». Cool.
On allume le gaz tout de suite, avant d’être surtaxé, et on meurt asphyxié de CO2 ? Pendant que la planète marche, certes parfois à l’envers, avec de grandes inégalités, notre débat lui tourne en rond, dans la déprime, la culpabilisation. On s’auto flagelle sur l’Homme monstrueux de capitalisme dégoulinant. La malade est très malade, mais point de traitement ?
Heureusement, Saskia, élève le niveau masculin
du débat : la solution, serait de mieux respecter l’environnement,
recycler… au sud du nouveau ? L’économie verte, internet seraient aussi
des pistes. Tout ça pour ça ?
10h24, il me reste 2 minutes de batteries et dans les amphis d’HEC, point de prise électrique, ou alors je ne l’ai pas trouvé.
Un photographe de presse, sans doute interpellé par mon claver, m’aborde : journaliste ? Non, bogueuse citoyenne.
« Déprimant tout ça ! Moi, je vous le dis, il faut jouir de la vie, enfin jouir citoyennement »
Quel beau mot de la fin ! Dans mon Isba à HEC, plus de courant pour mon Macbook, signe du destin ? La décroissance m’a tuée.
Vite je file recharger mes batteries (au propre à l’électricité nucléaire et au figuré...) à la salle blogueurs
avant d’aller voir Elkabach en chair et en os : Face à moi, sur
l’estrade le mec qui parle tous les matins dans ma salle de bains
pendant que je me lave les dents.
Thème : Le capitalisme sera éthique ou ne sera pas ?
J’y croiserai peut-être des objecteurs de croissance ? Si je trouve des solutions pour sauver la planète, promis je vous tiens au courant, en live-bogging bien sûr !
@ suivre donc.
© rédactionnel chroniquesmabanlieue.com
Commentaires