11h15, la voix retentit dans la salle bondée à craquer.
JP, j’adore ta voix, grave et profonde, c’est encore mieux que dans ma salle de bains, qui ne peut pas rivaliser avec la sono de la tente plénière de l’université d'été du MEDEF.
« 2009 n’est pas 1929, d’après Krugman nobel d’économie. C’est une bonne nouvelle. Comment sortirons-nous de la crise ? Dieu seul le sait. »
Ironie du sort, un rayon de soleil semble percer le ciel gris.
Pas de place assise, foule oblige, je suis asisse par terre, au milieu de l’allée centrale, tout près de la scène.
Quel délice de vous entendre Jean-Pierre : votre humour, vos pics, vos relances pour obtenir les réponses.
Dur de live-bloguer, je me concentre sur vos paroles, pas sur le clavier.
Comment entendons-nous le monde qui est entrain de changer ?
Chacun de renvoie la balle : à qui la spéculation financière
outrancière, à toi l'économie américaine Bushisée..., aux Terriens qui
consomment trop.
Puis quand le président du patronat russe prend
la parole, on n'entend plus tout, vu que 80% de la salle (dont moi bien
sûr) a oublié de prendre le casque pour la traduction. Panique dans
l'oreillette, certains VIP de l'estrade n'ont pas trouvé la bonne
fréquence.
- JP à Decaux : Vous
qui êtes parti de rien et créer une grande entreprise et des milliers
d'emploi dans le monde entier, Le capitalisme familial est-il éthique ?
- Non.
- C'est la réponse la plus claire et la plus efficace.
- JP : Le problème n'est pas de savoir s'il y a une éthique, mais comment on évite que ça recommence ?
- Decaux : Nous
sommes à la recherche d'un temps nouveau, il faut mettre fin à la
naissance d'un mythe, né aux USA. L'auto régulation n'est pas la
liberté, elle mène à la faillite. Tonerre d'applaudissements de la
salle, des patrons de toute la France donc.
Il est clair que l'économie capitaliste doit fonctionner avec des règles.
Decaux nous livre quelques pistes : La
transparence, la régulation, la fin de la course à la performance à
court terme qui oblige à s'endetter à mort pour tenir des rendements
impossibles, retour à la parité fixe pour éviter de creuser les écarts
entre les niveaux de vie.
Bonne
nouvelle donc, il y a des solutions à la crise, sans être obligé de
vivre dans une isba sans eau ni électricité et en priant et coupant du
bois comme Caroline et Charles Ingalls (cf. chronique ici).
JP
passe la parole à Laurent Fabius : tout en humour et en finesse,
l'ancien Ministre de l'économie, assis à côté de la nouvelle au poste,
(i.e. Christine Lagarde), nous rappelle (J- quelques jours avant le G20
oblige) que pour ça marche, il faut partager ces règles avec les autres
pays. En particulier, Obama va-t-il faire quelque chose pour diminuer la
dette américaine et réguler ?
Fabius pose aussi la question des Privilèges, au pays de la Révolution. Il faut de la transparence pour expliquer qui fait quoi.
L'immense majorité des entreprises n'est pas responsable de la crise,
si on objectivait les choses, avec de la pédagogie, cela permettrait à
tous de comprendre ce qui se passe.
- Bref, Ce que je prone donc, c'est l'économie sociale et écologique de marché.
Applaudissements de la salle (des patrons donc) qui partagent ce point de vue.
JP à Fabius : Jouy en Josas n'est pas la Rochelle, ici vous avez des amis.
Rires bruyants, comparé au silence grinçant de la salle lorsque JP Elkabach a proposé comme thème de l'année prochaine au MEDEF : et si on abolissait les privilèges ?
La parole est donnée à Christine Lagarde, qui remercie Laurence Parisot d'avoir respecté la parité dans les intervenants, puis avance clairement et simplement ses convictions :
- Permettre au capitalisme de fonctionner convenablement pour que le
plus grand nombre en profite, parce que je suis persuadée que c'est le
meilleur système.
- L'éthique, c'est une responsabilité collective, portée par des actions individuelles.
Christine
Lagarde vise en particulier les salles de marchés, les règles
européennes validées ensemble, pour aller ensuite convaincre les
Américains. Le capitalisme éthique, c'est donc un mariage à trois.
Quelques belles phrases grapillées au vol, ont interpellé la ménagère-manager-citoyenne que je suis :
- Le politique, ce n'est pas le pouvoir. Il faut de l'autorité pour rétablir l'audace. Autoriser à oser.
- Le capitalisme sera solidaire ou ne sera pas.
- L'éthique à double dividende parce que constitutée : d'exigence individuelle et collective, nationale et internationale.
Séquence émotion enfin, vers 13h20, lorsque je me suis approchée de la scène une fois le débat terminé :
Jean-Pierre Elkabach, c'est un bonheur de vous avoir dans ma salle de bains tous les matins, merci.
Il m'a lancé un regard puissant, doublé d'une timide caresse paternelle sur la joue, un grand bonhomme.
Bon, je vous quitte, la pause déj m'appelle, avant d'attaquer la suite.
@ suivre donc.
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