8h50. Déjà plus de 100 chefs d’entreprise bien sous tous rapports font la queue devant le stand (fermé) de Vicomte Arthur. La traditionnelle course au polo Medef a démarré. Il faut dire que c’est gratuit (un polo par badge participant). Crise ou sortie de crise ? Tout dépend si on a réussi à décrocher son polo !
Je suis sous la tente plénière pour le premier atelier “Crise et sortie de crise”.
Les intervenants : Xavier Darcos, Serge Dassault, Jean-Luc Decormoy (KPMG), Charles Gave (économiste et auteur du superbe ouvrage “Des lions menés par des ânes”), Françoise Gri (Manpower), Georges Pauget (Crédit Agricole), Nicolas Prisset (Journal du Dimanche), Patrick Sayer (Eurazeo), Stéphane Truchi (IFOP). Débat diffusé en direct sur BFM radio (d’un clic ici). ca démarre à 9h00.
Pour Charles Gave, qui se définit comme libéral, financier et vivant à Hong-Kong. Pour lui, “c’est une crise de la monnaie. La monnaie ne coûte rien à produire et c’est un bien étatique que l’on a voulu déréglementer depuis une dizaine d’année. Ce qui a entraîné des erreurs magistrales : fusion des banques d’affaires et des banques commerciale (qu’il surnomme les casinos et La Poste !), on a accru le risque réglementaire avec une réglementation mondiale (les normes prudentielles…). Pourquoi ? Depuis 20 ans, les économistes estimaient que l’on pouvait réduire les risques via des modèles mathématiques. Erreur ! Les banques centrales qui n’ont pas acheté ces théories s’en sont mieux sorties que les autres (Canada, Australie…).” Libéral Charles ? On le dirait plutôt ordo-libéral… Georges Pauget n’est pas d’accord. Et il développe en disant la même chose que Charles gave sur les réglementations ! Lol ! Page de pub… Format radio oblige.
9h19
- La tente se remplit. Déjà plus de 500 personnes. Les VIP ne sont pas
encore à la tribune. Ou sont passés les Darcos et autres Dassault, que
j’ai croisé dans les couloir tout à l’heure ?
Georges Pauget estime que “les banquiers boucs émissaires, c’est
facile. Mais ils ne sont pas les seuls fautifs : les gouvernements, les
banques centrales… Cessons de schématiser et de simplifier. On désigne
les paradis fiscaux. Je ne suis pas un grand fan mais il faut bien dire
qu’ils ont bien peu de responsabilité dans cette crise !” Un tacle à la
politique de com de Sarkozy ?
Il faut dire qu’après 5 ou 6 convocations à l’Elysée, les banquiers en
ont marre qu’on leur demande des comptes comme le moindre guichetier le
fait régulièrement avec nous !
Charles Gave acquiesce. Pour lui, les responsabilités sont majoritairement “dans le secteur public.”
9h31
– Xavier Darcos arrive. Il s’assoit dans la salle. Tiens, le
gouvernement spectateur du débat ? Pas très sarkozyste comme attitude.
A moins qu’il ne se réserve pour la partie “sortie de crise”, plus sexy
que la “crise”.
Patrick Sayer en a marre des boucs émissaires. “L’évolution de la
réglementation permettra d’en finir avec le pile je gagne face tu
perds. Il y a eu de l’argent facile, mal dépensé, mais les traders ne
portent pas toute la responsabilité de la crise.” Charles
Gave note que “specularer en latin veut dire réfléchir !” Tiens,
certains financiers devraient réviser leurs classiques !
Le scénario W refait surface. Georges Pauget y croit. “Les conditions ne sont pas réunies pour avoir des reprises solides. Il y a des mécanismes de soutien, mais les bases de l’économie ne sont pas encore solides.”
Charles Gave annonce une crise au sein de la zone Euro car il est difficile d’avoir une parité entre des pays bien gérés comme la Suède ou l’Allemagne et des pays en quasi-faillite comme la France, l’Italie, l’Espagne ou la Grèce. Bigre !
9h46 – On passe au V comme scénario de sortie de crise selon Patrick Sayer. Il estime que “la bourse est anticipatrice. La tendance de fond est à la reprise…” parole de banquier ! Le patron de PME attend de voir sur le terrain, bien loin des salles de marchés.
10h00 – Changements à la tribune. Serge Dassault et Xavier Darcos prennent place. Xavier Darcos, au hasard, prend la parole en premier. “Il y a une conscience générale qu’il y aura un avant et un après”. La fin d’un monde ? “Je ne sais pas, mais une nouvelle façon de consommer, de vivre, de gérer est en train d’apparaître.”
Françoise Gri estime qu’il y a une véritable demande “de lien social, d’autres manières de travailler.” On zappe, pas le temps de développer hélas. Ce débat est plus proche du royaume des petites phrases, format radio, que de la discussion !
Serge Dassault est très pessimiste. “Il y a eu un excès de crédit et les banques ont reculé sur ce point. S’il n’y a plus de crédit, il y a moins de ventes, donc moins de fabrication. On n’a pas vendu un Falcon depuis le début d’année par exemple. Il faut que les banques reprennent leurs crédits aux PME et à la R&D sinon, c’est la Chine et l’Inde qui seront les usines mondiales de demain.” Instant de rire général lorsque Serge Dassault justifie l’automatisation par des “machines qui ne font pas grèves, qui ne font pas les 35 heures, qui ne disent rien.” Propos volontairement forts qui ont déclenché des applaudissements nourris. Salauds de patrons ? Pas tant que ça, il poursuit “les Chinois sont en train de mettre le paquet sur des produits innovants que nous n’avons pas ici. Ils travaillent comme des fous alors que nous préférons les 35 heures et les vacances.” Tiens, à propos, un Américain a seulement 14 jours de congés par an contre 39 en moyenne pour un Français, 19 pour un Canadien, 27 pour un Allemand. Champions du monde les Français ! J’en sais quelque chose, je rentre de vacances !
10h40 – Ca ronronne. Mes deux voisins décident d’aller prendre un
café. “L’entreprise doit satisfaire ses clients, ses salariés et ses
actionnaires” estime Serge Dassault. Coup de vent, le décor tombe sur
Darcos. Tout fout le camp ! “L’entreprise est un travail
d’équipe, poursuit sans se démonter Serge Dassault. Pour ça, il faut
que les salariés soient heureux. C’est le boulot des patrons et des
managers, pas des syndicats ! Les salariés ne sont pas des robots, ils
doivent être considérés, écoutés, responsabilisés. Le profit vient si
tout le monde est content. Il faut donc supprimer les conflits sociaux,
donc les conflits salaires/profit. Il doit y avoir égalité entre les
dividendes et la participation.” Applaudissements nourris.
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